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Dès les années 804, Barbizon, est connu sous des appellations et orthographes différentes: Barbitio, Barbison en Gatinois, Barbiron... ce modeste village est un hameau de Chailly-en-Biére.
Habité par des paysans, carriers, bûcherons... Barbizon, se compose essentiellement d'une rue principale et d'une petite centaine de maison. En 1815 la création du prix de Rome de paysage, l'influence des peintres paysagistes anglais: Constable, Bonington, Turner... fait s'enthousiasmer de jeunes peintres qui vont quitter les ateliers parisiens et aller "peindre sur le motif", en extérieur pour étudier le paysage tel qu'ils le voient. Barbizon, situé entre plaine et forêt va très vite devenir le lieu de prédilection pour tous les jeunes artistes en quête de liberté d'expression. Vers 1834, l'invention du tube de couleurs facilite leur entreprise et c'est à cette même époque que Monsieur et Madame Ganne, le couple d'épiciers du village ouvrent une auberge, permettant ainsi à ces jeunes "rapins" de trouver un hébergement et un couvert familial.
C'est ainsi que va naître dans ce modeste hameau de bûcherons le mouvement des peintres paysagistes plus tard appelé Ecole de Barbizon. L'auberge Ganne sera qualifiée par les frères de Goncourt de : "capharnaüm pittoresque, hybride de café et vrai vide bouteilles de l"Art" Certains peintres séjournerons régulièrement à l'auberge, ils sont communément appelés les 'peint'à Ganne", et d'autres vont s'installer définitivement au village en louant ou achetant des maisons. En 1847, Théodore Rousseau ( 1812-1867), l'un des grands Maîtres de cette période, peintre de la forêt et des hautes futaies, s'installe définitivement dans la Grande rue et y restera jusqu'à sa mort en 1867. En 1849 sur les conseils de Charles Jacque, Jean François Millet ( 1814-1875), qui cherche à fuir les épidémies de choléra qui sévissent à Paris et les émeutes de la Révolution de 48, vient avec sa famille habiter au village
Jean-François Millet restera à Barbizon jusqu'à sa mort en 1875 et laissera de grandes œuvres comme "l'Angélus", ou "les Glaneuses" peints dans la plaine de Bière. Pendant toute cette période, 1834- 1875, Barbizon, accueillera de nombreux artistes venus de France et de l'étranger dont voici quelques noms: Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) En 1863, Les jeunes peintres impressionnistes tels Monet, Sisley, Bazille... vont venir à Barbizon pour y rencontrer les grands maîtres de cette époque et Monet peindra au printemps 1863 "le déjeuner sur l'herbe"à Chailly en Bière. Mais ils ne vont pas rester car ce hameau autrefois paisible connaît déjà un engouement touristique et la tranquillité ne sera plus vraiment au rendez-vous, d'autant que la forêt pendant quarante ans ( à partir de 1834) est aménagée entre autres par François Denecourt, puis par le sylvain Collinet, créant des circuits pédestres.
En 1903, Barbizon devient commune puis crée entre 1904 et 1906 la Mairie, le cimetière, l'école... elle compte 433 habitants La renommée de ce village, berceau de la peinture paysagiste en France, va attirer grand nombre d'écrivains et d'artistes, Colette, Courteline, Apollinaire, Robert Louis Stevenson, André Billy, André Rouveyre, Jean Galtier Boissière (fondateur du journal satirique "Le Crapouillot"), Gabriel Séailles, Louis Renault (prix Nobel de la Paix), Roland Dorgelès, Georges Krier ( compositeur de "la valse brune")… Et aujourd'hui encore, comme le chantaient les "peint'à Ganne": " … Quels jolis horizons ont les peintres à Barbizon!"
Bibliographie:
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Dernière modification : 20 avril 2006
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